Qui ne connaît pas Lionel Messi ? Lauréat de deux FIFA Ballons d'Or consécutifs, considéré à la quasi-unanimité comme le meilleur joueur du monde et vedette du stellaire FC Barcelone, le génie argentin est déjà classé parmi les plus grands joueurs de l'histoire de son sport.
Bien qu'il ait pratiquement tout gagné, l'enfant de Rosario est loin de s'endormir sur ses lauriers. Alors que la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA approche à grands pas, précédée du clásico contre le Real Madrid le week-end prochain, le numéro 10 blaugrana a accordé un entretien exclusif à FIFA.com, dans lequel il s'exprime sur l'une des périodes charnières de sa saison.
Lionel, vous allez bientôt vous envoler pour Tokyo, où vous allez disputer la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Que vous inspire cette compétition ?C'est beau de jouer une Coupe du Monde des Clubs, on le sait. C'est une compétition importante pour nous, ne serait-ce que pour le grand souvenir qu'on garde de notre dernière participation. On a très envie de revivre les mêmes sensations et de pouvoir célébrer une nouvelle victoire.
Certains de vos coéquipiers ont déclaré que la victoire est obligatoire. Partagez-vous leur avis ? La responsabilité de gagner, elle est toujours là. Je vais dire que c'est une compétition très importante et que, comme toujours, on va essayer de brandir le trophée. N'oublions pas qu'à la Coupe du Monde des Clubs de l'an dernier, tout le monde s'attendait à une finale entre les deux favoris, mais Internacional a perdu. On ne peut donc pas se permettre de se relâcher.
Le décalage horaire et le long voyage vont-ils peser dans la balance ?On aura le temps de s'adapter, je pense. On part quelques jours avant, on est habitués, surtout moi, avec mes nombreux déplacements en Argentine et en Amérique du Sud. Ça ne devrait donc pas être un problème.
Il est souvent question de la quantité de matches que vous et vos coéquipiers disputez. Serez-vous capables d'être au top physiquement pour le match contre le Real Madrid puis pour le Japon ?On connaît nos capacités et on sait jusqu'où on peut aller sur le terrain. C'est vrai que ça fait beaucoup de matches. Ce n'est jamais facile d'enchaîner des rencontres comme ça et de rester au plus haut niveau. On entend beaucoup de choses, mais on n'y fait pas attention, on est sereins. Comme je l'ai dit, personne n'est mieux placé que nous pour connaître les capacités de cette équipe.
Pep Guardiola a aligné une défense à trois lors des derniers matches de l'équipe. Qu'en pensez-vous ?En 3-4-3, le milieu de terrain est plus dense. C'est ce que souhaite l'entraîneur pour avoir davantage le ballon. On sait que la possession est capitale pour faire mal à l'adversaire et pour éviter qu'il nous en fasse. En ajoutant un joueur dans l'entrejeu, on se facilite la tâche à ce niveau-là.
Pep Guardiola entraîne le Barça depuis deux ans et demi maintenant. Quel bilan tirez-vous de son action ?Il est très important. Son leadership est fondamental pour nous, non seulement au quotidien, mais aussi dans la préparation des matches et dans la capacité à maintenir la motivation au maximum. En plus, son attention aux petits détails a fait une grosse différence. Quand il est arrivé, par exemple, il a décidé qu'on prendrait les repas ensemble au club, que les médecins nous suivraient de plus près et nous contrôleraient, tout comme le kiné. Ça a fait une grosse différence et ça nous a permis d'être plus forts individuellement et collectivement.
Les deux derniers championnats donnent l'impression que vous avez beaucoup progressé dans le jeu sans ballon. Êtes-vous d'accord ?Oui, mais il y a aussi le fait que maintenant, on se connaît très bien, nous les joueurs de Barcelone. Ça fait un moment qu'on joue ensemble et on sait pratiquement où va aller la balle avec deux ou trois passes d'avance.
Samedi, vous jouez un match capital contre le Real Madrid. À quoi vous attendez-vous ? Ça va être un très beau match. Bien entendu, c'est très important d'obtenir un bon résultat. Si on y arrive, on marquera un point important sur le plan psychologique pour le reste de la saison. Si ce n'est pas le cas, on n'aura pas le temps de se relâcher car on enchaînera avec le voyage au Japon, qui est très important pour nous.
Le FIFA Ballon d'Or va être remis en janvier prochain. Vous pourriez le recevoir pour la troisième fois consécutive. Cela représente-t-il une source de motivation supplémentaire ?Comme je l'ai toujours dit, c'est très agréable de recevoir des récompenses individuelles, surtout celle-ci, qui est très importante, très prestigieuse. Mais ce qui compte le plus à mes yeux, c'est que l'équipe gagne des matches et des titres. D'ailleurs, il y aura beaucoup de joueurs de chez nous dans la liste, comme les années précédentes.
Passons à la sélection argentine. Cette année 2011 a été faite de hauts et de bas. Quelle est votre analyse ?Maintenant, on est plus sereins. Le contexte était très pesant après le nul avec la Bolivie donc c'était très important de battre la Colombie pour ramener un peu de calme. Maintenant, on a un répit jusqu'à juin, où on n'aura qu'un match à jouer, contre l'Équateur, et non deux, comme les autres fois. Ça va nous permettre de le préparer au mieux et de poursuivre notre route dans ces qualifications.
Une question plus personnelle pour terminer : quel rôle joue le football dans votre vie quotidienne hors des terrains ?Depuis tout gamin, j'ai toujours été avec un ballon. Pas seulement sur le terrain, partout, n'importe où, je ne m'en séparais jamais. Maintenant c'est différent. J'essaie de déconnecter un peu, même si ce n'est pas facile car on joue tous les trois jours, ça fait beaucoup de matches à enchaîner. Mais j'essaie quand même de le faire. Quand j'en ai fini avec l'entraînement ou le match, j'essaie de profiter de ma famille et de ne plus penser au foot jusqu'au lendemain.


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